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Special Olympics 2026 : LCA Audition dépiste l'audition de 350 athlètes en situation de handicap mental

Publié le 8 juillet 2026
Bénévoles de LCA Audition Paris 10 au dépistage auditif de la Coupe du Monde de Football Unifié Special Olympics 2026, avec le soutien du ministère de la Santé et de la Mairie de Paris

Un athlète qu’on croit distrait n’entend parfois pas quand on l’appelle. Chez une personne en situation de handicap mental, une baisse d’audition se glisse derrière ce genre de signe, et l’oreille reste rarement testée. Nous avons rejoint pour cette raison la Coupe du Monde de Football Unifié Special Olympics 2026, à Paris, auprès des athlètes.

Un rendez-vous mondial pour le sport inclusif

Paris a accueilli en 2026 la Coupe du Monde de Football Unifié organisée par Special Olympics. Sur le terrain, une même équipe réunit des joueurs avec et sans déficience intellectuelle, autour du même ballon.

À côté de la compétition, les organisateurs ont monté un volet santé. Le programme « Bien Entendre », relayé par Sport 365, teste l’audition des athlètes. Nous y avons pris part.

Pourquoi l’audition de ces athlètes reste un angle mort

Les personnes en situation de handicap mental entendent moins bien que la moyenne, et bien plus souvent qu’on ne le croit. Plusieurs raisons se cumulent. Le patient ne signale pas toujours sa gêne. L’entourage attribue les difficultés au handicap plutôt qu’à l’oreille. Un test d’audition classique, lui, réclame une réponse verbale que la personne ne peut pas toujours donner.

On passe alors à côté. Une otite qui traîne, un bouchon de cérumen, une perte installée depuis des années : rien de tout cela ne se voit tant que personne ne mesure. Un dépistage rapide, mené sans les bons outils, laisse filer ces situations. C’est là que beaucoup de prises en charge s’arrêtent trop tôt.

Notre présence sur le terrain, à titre bénévole

LCA Audition est venu comme acteur de terrain, bénévolement. David Tran a assuré la direction clinique, avec Sophie Deraison à ses côtés.

Nous tenons à cette forme d’engagement. Notre métier prend tout son sens quand il rejoint celles et ceux qui accèdent le moins facilement au soin. C’est ce que porte un audioprothésiste engagé à Paris : mettre une compétence pointue au service d’une santé auditive accessible, y compris dans un cadre humanitaire.

350 athlètes, un protocole pensé pour ne rien manquer

L’équipe a dépisté 350 athlètes en situation de handicap mental. Avec ce public, la coopération verbale manque souvent. Nous avons donc misé sur des mesures objectives, qui ne réclament aucune réponse active de la personne.

Selon ses besoins, chaque athlète a bénéficié de plusieurs examens :

  • Otoémissions acoustiques (OEA) : un test qui vérifie le fonctionnement de la cochlée en quelques secondes, sans un mot à prononcer.
  • Tympanométrie : l’examen de l’oreille moyenne et du tympan, qui repère une otite séreuse ou une pression anormale.
  • Audiométrie : la mesure des seuils auditifs, quand la personne pouvait participer.
  • Retrait de bouchons de cérumen par un ORL : un geste rapide qui lève un obstacle courant et réversible.

Cet enchaînement fait toute la différence. Il sépare une vraie perte auditive d’un problème mécanique. Une otite ou un bouchon se traitent en quelques minutes ; une surdité de perception appelle un tout autre suivi. Confondre les deux fausse le diagnostic et prive le patient de la bonne solution. C’est ce que change une évaluation audiologique menée jusqu’au bout.

Un cas parmi d’autres

Voici un exemple représentatif de ce que nous rencontrons. Un jeune athlète, décrit par son accompagnant comme « souvent ailleurs », ne se retournait pas quand on l’appelait. À l’examen, ses otoémissions manquaient d’un côté et sa courbe de tympanométrie était plate. Le tableau parlait de lui-même : une otite séreuse doublée d’un bouchon.

L’ORL a retiré le bouchon dans la foulée. Le garçon a réagi de nouveau aux sons devant nous. Nous l’avons orienté vers un bilan complet pour la suite. Sans les otoémissions et la tympanométrie, il repartait avec son étiquette de « distrait », et sa gêne serait restée invisible.

L’impact humain, au-delà de la mesure

Chaque dépistage a demandé du temps et de l’écoute. Nous avons adapté le rythme, expliqué chaque geste, laissé la confiance s’installer. Derrière les appareils de mesure, il y a une personne, et souvent une gêne que personne n’avait encore nommée.

Restons clairs sur les limites. Un dépistage ne remplace pas un bilan auditif complet. Nous avons repéré, expliqué et orienté. Les athlètes concernés repartent avec une consigne simple : consulter pour aller plus loin. Un dépistage bien fait ne promet rien de plus, et c’est déjà beaucoup.

La visite de la ministre de la Santé et de la Ville de Paris

Stéphanie Rist, ministre de la Santé, et Emmanuel Grégoire, pour la Mairie de Paris, se sont arrêtés sur notre stand pendant l’action. Leur venue a éclairé un sujet trop discret : l’accès aux soins auditifs des personnes en situation de handicap.

Plusieurs médias ont relayé l’opération, dont France 3, Oui Magazine et Sport 365. L’action a aussi circulé sur les réseaux sociaux, Instagram et LinkedIn. Cette visibilité prolonge le message porté sur le terrain.

Ce que disent les recommandations (HAS, ISO, BIAP)

Notre protocole s’appuie sur des références reconnues.

  • La HAS recommande le repérage précoce des troubles de l’audition, en particulier chez les publics vulnérables, peu autonomes pour signaler leur gêne.
  • Les normes ISO d’audiométrie (série 8253) fixent les conditions de mesure et de calibration. Elles garantissent des résultats fiables et comparables.
  • Le BIAP fournit la classification internationale des degrés de surdité, un langage commun entre audioprothésistes, ORL et orthophonistes.

Ces cadres fondent la fiabilité de ce que nous mesurons, sur un stand comme au cabinet. Ils expliquent aussi pourquoi un examen mené à la va-vite ne suffit pas.

Vos questions

Peut-on tester l’audition de quelqu’un qui ne parle pas ?

Oui. Les otoémissions acoustiques et la tympanométrie n’exigent aucune réponse verbale. Elles mesurent directement la réaction de l’oreille.

Pourquoi un ORL sur place ?

Beaucoup de gênes viennent d’un bouchon de cérumen ou d’une otite. Un ORL les traite immédiatement, ce qui rend souvent l’audition sans autre intervention.

Un dépistage suffit-il à poser un diagnostic ?

Non. Il repère et oriente. Un bilan auditif complet, en cabinet, reste nécessaire avant tout appareillage ou suivi.

Une personne en situation de handicap peut-elle être appareillée ?

Oui. L’appareillage s’adapte au profil de chacun, avec des réglages et un accompagnement sur mesure. Nous recevons régulièrement ces patients au centre.

La même exigence pour chacun

Ce que nous avons fait auprès des athlètes des Special Olympics, nous le faisons chaque jour au 88 boulevard de Magenta. Même méthode, même refus de conclure trop vite. Si vous vous interrogez sur votre audition ou celle d’un proche, un bilan auditif complet et personnalisé reste le bon point de départ.

Sources & références
Special OlympicsDépistage auditifHandicap mentalEngagement bénévoleInclusion

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Nos audioprothésistes experts vous reçoivent au 88 boulevard de Magenta, Paris 10.

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