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Santé auditive

Maladie de Ménière :
vertiges, acouphènes et audition

Publié le 11 août 2026
Maladie de Ménière : vertiges, acouphènes et audition · LCA Audition Paris 10 · David TRAN, audioprothésiste D.E.

Des crises de vertige violentes qui durent des heures, une oreille qui se bouche, des sifflements et une audition qui fluctue : la maladie de Ménière est l'une des affections les plus impressionnantes de l'oreille interne. Elle inquiète, mais elle se diagnostique précisément et se prend en charge.

Qu'est-ce que la maladie de Ménière ?

La maladie de Ménière est une affection chronique de l'oreille interne, qui abrite à la fois l'audition (la cochlée) et l'équilibre (le système vestibulaire). Elle associe des crises de vertige, une baisse d'audition et des acouphènes, évoluant par poussées imprévisibles. Elle touche le plus souvent une seule oreille, à partir de la quarantaine, mais peut survenir à tout âge.

La triade caractéristique

Trois symptômes définissent la maladie lorsqu'ils surviennent ensemble, de façon répétée :

  • Le vertige : une sensation rotatoire intense, avec nausées, qui dure typiquement de 20 minutes à quelques heures.
  • La baisse d'audition : fluctuante au début, touchant surtout les sons graves, elle revient souvent entre les crises.
  • Les acouphènes et la sensation d'oreille pleine : un bourdonnement grave et une pression dans l'oreille précèdent ou accompagnent la crise.

Ce qui se passe dans l'oreille interne

Le mécanisme le plus admis est l'hydrops endolymphatique : un excès de liquide (l'endolymphe) distend les structures de l'oreille interne. Cette surpression perturbe à la fois les cellules de l'audition et celles de l'équilibre, ce qui explique que les symptômes auditifs et vertigineux aillent de pair. La cause exacte de cet excès de liquide reste mal connue.

Reconnaître une crise de Ménière

Une crise typique suit souvent un scénario reconnaissable :

  • une sensation d'oreille pleine et une accentuation des acouphènes annoncent la crise ;
  • survient alors un grand vertige rotatoire, avec nausées, parfois vomissements, obligeant à s'allonger ;
  • la crise dure de 20 minutes à plusieurs heures, puis cède progressivement, laissant une fatigue et une instabilité ;
  • l'audition, diminuée pendant la crise, remonte souvent ensuite, du moins au début de la maladie.

C'est cette association et cette répétition qui orientent vers Ménière, et non un symptôme isolé.

Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic est avant tout clinique, posé par un ORL. Les critères internationaux (société Bárány, repris par la SFORL et l'AAO-HNS) retiennent le diagnostic devant au moins deux épisodes de vertige de 20 minutes à 12 heures, associés à une baisse d'audition neurosensorielle documentée et à des acouphènes ou une sensation de pression de l'oreille concernée, sans autre explication.

Deux examens comptent particulièrement :

  • L'audiogramme : indispensable : il objective et suit la perte auditive, souvent prédominante sur les graves. Les recommandations insistent sur sa réalisation.
  • L'IRM : pour écarter d'autres causes (notamment un problème du nerf auditif).

Les tests vestibulaires ou l'électrocochléographie ne sont pas systématiques et sont réservés aux formes atypiques.

Comment la maladie évolue-t-elle ?

L'évolution est variable et imprévisible. Les crises peuvent s'espacer spontanément sur plusieurs années. En revanche, à force de poussées, la baisse d'audition tend à devenir permanente et à s'aggraver sur l'oreille atteinte, tandis que les vertiges, eux, s'atténuent souvent avec le temps (le système d'équilibre finit par se « recalibrer »). C'est pourquoi la surveillance auditive régulière est essentielle : elle permet d'agir au bon moment.

Les traitements

Il n'existe pas de traitement qui guérit la maladie de Ménière. L'objectif est de réduire la fréquence et l'intensité des crises, et de préserver au mieux l'audition et la qualité de vie.

Pendant la crise

Le traitement est symptomatique : repos, médicaments contre le vertige et les nausées prescrits par le médecin. La crise passée, il faut se remobiliser rapidement.

Au long cours

  • Hygiène de vie : la réduction du sel, de la caféine et de l'alcool, et la gestion du stress, sont classiquement conseillées.
  • Traitements médicamenteux de fond : plusieurs options existent (dont la bétahistine), dont l'intérêt reste discuté selon les cas ; c'est l'ORL qui décide.
  • Traitements de deuxième intention : injections intratympaniques, et, en dernier recours pour les formes rebelles et invalidantes, gestes chirurgicaux.

La rééducation vestibulaire

Entre les crises, une rééducation vestibulaire menée par un kinésithérapeute spécialisé aide le cerveau à compenser le déficit d'équilibre et à réduire l'instabilité résiduelle.

Ménière et audition : notre rôle d'audioprothésistes

Notre accompagnement prend ici tout son sens. Face à une maladie de Ménière, l'audioprothésiste intervient sur trois plans :

  • Le suivi auditif : des bilans auditifs réguliers documentent la fluctuation et l'évolution de la perte, en lien avec l'ORL.
  • L'appareillage : lorsque la perte s'installe, une aide auditive adaptée, réglée finement, améliore le confort d'écoute de l'oreille concernée.
  • La gestion des acouphènes : souvent au premier plan, ils relèvent d'une prise en charge dédiée (thérapie sonore, TRT), au sein de notre consultation acouphènes ; notre équipe est membre de l'AFREPA.

Quand consulter en urgence

Un premier grand vertige doit toujours faire consulter pour être caractérisé. Et une baisse d'audition brutale, même transitoire, ne doit jamais être banalisée : elle peut relever d'une surdité brusque, une urgence à prendre en charge dans les 48 heures. Dans le doute, on consulte sans attendre.

Il n'existe pas de traitement curatif à ce jour. En revanche, la prise en charge permet souvent de réduire la fréquence et l'intensité des crises et de préserver la qualité de vie. Les vertiges s'atténuent fréquemment avec le temps ; l'audition, elle, doit être surveillée.

Le vertige d'une crise de Ménière dure typiquement de 20 minutes à quelques heures (jusqu'à 12 heures). C'est un critère qui aide à distinguer Ménière d'autres vertiges, comme le vertige positionnel (VPPB) qui, lui, ne dure que quelques secondes.

Oui, lorsqu'une baisse d'audition s'installe sur l'oreille atteinte. Un appareillage bien réglé améliore le confort d'écoute, et la prise en charge des acouphènes associés apporte souvent un soulagement notable. Le suivi audiologique régulier guide les décisions.

La réduction du sel, de la caféine et de l'alcool fait partie des conseils classiques et aide certains patients à espacer les crises. Son efficacité varie d'une personne à l'autre ; elle s'intègre à une prise en charge globale décidée avec l'ORL.

Le vertige positionnel (VPPB) dure quelques secondes, est déclenché par un mouvement de tête et n'affecte pas l'audition. La crise de Ménière dure des heures, s'accompagne de baisse d'audition, d'acouphènes et d'oreille pleine. Seul un ORL confirme le diagnostic. Voir notre article sur les cristaux dans l'oreille.

Sources : Société Française d'ORL (SFORL), Recommandations sur la stratégie diagnostique et thérapeutique dans la maladie de Ménière. Basura GJ et al. Clinical Practice Guideline: Ménière's Disease, Otolaryngology–Head and Neck Surgery (AAO-HNS) 2020. Critères diagnostiques de la société Bárány (consensus international 2015). Information à visée pédagogique, ne remplaçant pas un avis médical.

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