Comment lire
un audiogramme ?
À la fin d'un bilan auditif, on vous remet un audiogramme : un graphique avec des courbes, des O et des X, des décibels. Difficile de s'y retrouver seul.
Qu'est-ce qu'un audiogramme ?
L'audiogramme tonal est le graphique de votre audition. Il indique, pour chaque hauteur de son, le volume minimal que vous êtes capable de percevoir. Plus il faut monter le son pour que vous l'entendiez, plus la perte est importante à cette fréquence.
Les deux axes à comprendre
- Horizontal : les fréquences, mesurées en hertz (Hz), des graves (125 Hz, à gauche) vers les aigus (8 000 Hz, à droite). Les aigus portent les consonnes, essentielles à la compréhension.
- Vertical : l'intensité, en décibels (dB). Attention, c'est contre-intuitif : le haut du graphique correspond aux sons faibles (0 dB), le bas aux sons forts. Plus la courbe descend, plus l'audition est diminuée.
Chaque oreille a son symbole : classiquement, O pour l'oreille droite, X pour l'oreille gauche (conduction aérienne). Des crochets représentent la conduction osseuse.
Interpréter le degré de perte
La position de vos courbes indique le degré de perte auditive (classification internationale BIAP) :
- Audition normale : seuils entre 0 et 20 dB ;
- Perte légère : 20 à 40 dB, la parole est perçue, mais on fait répéter dans le bruit ;
- Perte moyenne : 40 à 70 dB, la gêne devient quotidienne ;
- Perte sévère : 70 à 90 dB ;
- Perte profonde : au-delà de 90 dB.
Une courbe qui « plonge » sur la droite signe une perte prédominant sur les aigus, le profil le plus fréquent avec l'âge (presbyacousie), qui explique l'impression d'« entendre sans comprendre ».
Transmission ou perception ?
La comparaison entre conduction aérienne et osseuse renseigne sur le type de surdité :
- si l'osseuse est normale mais l'aérienne abaissée, la perte est de transmission (un obstacle mécanique), souvent bien corrigée. Voir surdité de transmission ;
- si les deux sont abaissées ensemble, la perte est de perception (oreille interne).
Ce que l'audiogramme ne dit pas
Un audiogramme tonal est essentiel, mais il ne mesure pas tout : il ne dit pas comment vous comprenez la parole, ni comment vous vous débrouillez dans le bruit. C'est pourquoi notre bilan auditif associe toujours l'audiométrie tonale à l'audiométrie vocale et à des tests dans le bruit. Et surtout : un audiogramme s'interprète avec un professionnel, à la lumière de votre vécu, pas seul face à une feuille.
Audiométrie tonale et vocale : deux mesures complémentaires
L'audiogramme tonal, celui aux O et aux X, mesure les seuils : le son le plus faible que vous percevez à chaque fréquence. Mais entendre un son n'est pas le comprendre. C'est pourquoi on lui associe l'audiométrie vocale, qui évalue votre capacité à répéter des mots à différents volumes. Deux personnes au même audiogramme tonal peuvent avoir des scores vocaux très différents, et c'est souvent le score vocal qui prédit le mieux la gêne réelle et le bénéfice attendu d'un appareillage.
Un exemple de lecture, pas à pas
Imaginons une courbe normale sur les graves (proche de 10-15 dB à gauche du graphique) qui « plonge » vers 50-60 dB sur les aigus (à droite). Comment la lire ?
- les graves sont bien perçus : la voix reste audible, on « entend » ;
- les aigus sont diminués : les consonnes (s, f, ch, t) se perdent, d'où l'impression d'entendre sans comprendre, surtout dans le bruit ;
- cette forme est typique d'une presbyacousie débutante. Voir notre article presbyacousie.
Un audiogramme « en cuvette » (creux sur les médiums) ou « plat » (baisse homogène) raconte, lui, d'autres histoires que le professionnel sait interpréter.
Les erreurs d'interprétation fréquentes
- Confondre haut et bas : sur un audiogramme, plus la courbe descend, moins on entend, l'inverse de l'intuition.
- Ne regarder qu'une oreille : il faut comparer les deux, et repérer une éventuelle asymétrie, qui mérite un avis.
- Oublier la conduction osseuse : c'est elle qui distingue une surdité de transmission d'une surdité de perception.
- Se fier au seul chiffre : le « nombre de décibels » ne dit rien de la compréhension ni du vécu.
Que faire de votre audiogramme ?
Un audiogramme n'est pas une sentence, c'est un point de départ. Il permet de suivre l'évolution de votre audition dans le temps, de décider ou non d'un appareillage, et de régler finement les appareils sur vos seuils réels. Gardez vos audiogrammes successifs : leur comparaison est précieuse. Et surtout, faites-les interpréter avec un professionnel, à la lumière de votre quotidien, c'est tout l'objet de notre bilan auditif.
Le O représente l'oreille droite et le X l'oreille gauche, pour la conduction aérienne (sons transmis par le conduit auditif). Des crochets indiquent la conduction osseuse, utile pour distinguer le type de surdité.
Moins bien. Sur un audiogramme, le haut correspond aux sons faibles (0 dB) et le bas aux sons forts. Plus la courbe descend, plus il faut de volume pour entendre : la perte est donc plus importante.
Vous pouvez en comprendre les grandes lignes, mais son interprétation clinique, type de perte, retentissement réel, conduite à tenir, se fait avec un audioprothésiste ou un ORL, en tenant compte de l'audiométrie vocale et de votre quotidien.
Sources : classification des déficiences auditives du BIAP (Bureau International d'Audiophonologie). Norme ISO 8253 pour l'audiométrie tonale.
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